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Guide fiscal · LMNP

Meublé de tourisme et loi Le Meur : ce qui a changé pour votre fiscalité

La loi Le Meur a divisé par deux, parfois par cinq, l'avantage fiscal des locations touristiques au micro-BIC. De nombreux loueurs de courte durée basculent ainsi au régime réel sans l'avoir choisi. Voici ce qui a changé, et comment réagir.

Par l'équipe Enkel Immo · Mis à jour le 7 octobre 2026

L'essentiel en 30 secondes

  • La loi Le Meur (n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) a réformé le micro-BIC des meublés de tourisme, pour les revenus perçus à compter de 2025.
  • Meublé de tourisme non classé : plafond ramené à 15 000 €, abattement à 30 %.
  • Meublé de tourisme classé : aligné sur la longue durée, 50 % d'abattement et un plafond de 77 700 € sur les revenus 2025, porté à 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028 (contre 71 % auparavant).
  • Au-delà des seuils, le régime réel devient obligatoire — souvent à votre avantage.
  • Le réel reste intact : un amendement visant à plafonner l'amortissement LMNP à 2 % par an a été écarté. La loi de finances 2026 n'y a pas touché.
  • La loi impose aussi de nouvelles obligations : enregistrement de tout meublé de tourisme sur un téléservice national depuis le 20 mai 2026, avec un numéro d'enregistrement.

Pourquoi cette loi existe

La loi Le Meur — du nom de la députée Annaïg Le Meur — est surnommée « loi anti-Airbnb ». Son objectif est de rééquilibrer le marché locatif en réduisant l'avantage fiscal de la location touristique de courte durée, accusée de raréfier les logements disponibles à l'année dans les zones tendues.

L'outil choisi : rapprocher la fiscalité du meublé de tourisme de celle de la location nue, en rabotant les abattements et les plafonds du micro-BIC. Les locations meublées de longue durée ne sont pas concernées par ce durcissement.

Ce qui a changé, chiffres en main

Micro-BIC 2025 et 2026 : le tableau des trois catégories

Le micro-BIC s'applique si les recettes de l'année précédente (N-1) ou de l'avant-dernière année (N-2) ne dépassent pas le plafond fixé pour l'année N. L'abattement forfaitaire ne peut pas être inférieur à 305 €. Pour comparer avec le régime réel, voir le guide micro-BIC ou réel.

Catégorie de locationRevenus 2025 : plafondRevenus 2025 : abattementRevenus 2026 à 2028 : plafondRevenus 2026 à 2028 : abattement
Meublé de tourisme classé77 700 €50 %83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 €30 %15 000 €30 %
Location meublée classique (longue durée)77 700 €50 %83 600 €50 %

Les chambres d'hôtes suivent les mêmes règles que les meublés de tourisme classés.

Le plafond de 15 000 € des meublés de tourisme non classés n'est pas revalorisé : l'article 50-0 du CGI l'exclut de l'actualisation tous les trois ans. Les autres plafonds sont actualisés tous les trois ans. C'est pourquoi 77 700 € est devenu 83 600 € pour les années 2026 à 2028.

Revenus 2024 : l'ancien régime. La loi Le Meur s'applique aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2025. Pour les revenus 2024, l'article 50-0 s'applique dans sa rédaction antérieure à la loi de finances pour 2024. L'abattement était alors de 71 % pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes, et de 50 % pour les autres locations meublées, y compris les meublés de tourisme non classés.

Seuils vérifiés le 7 octobre 2026 sur l'article 50-0 du CGI et le BOFiP (BOI-BAREME-000044 du 19 août 2026).

Meublé de tourisme non classé : le grand perdant

Avant la loi Le MeurDepuis (revenus 2025+)
Plafond micro-BIC77 700 €15 000 €
Abattement50 %30 %

C'est un effondrement. Au-delà de 15 000 € de recettes, le micro-BIC est fermé et le régime réel s'impose. Et sur la fraction encore éligible, l'abattement chute à 30 % — le même qu'en micro-foncier pour la location nue. L'alignement est assumé.

Meublé de tourisme classé : l'avantage rogné

Avant la loi Le MeurRevenus 2025Revenus 2026 à 2028
Plafond micro-BIC—77 700 €83 600 €
Abattement71 %50 %50 %

Le classement conservait un abattement de 71 %. Il est désormais aligné sur la longue durée. Le classement garde un intérêt — il vous maintient au micro-BIC bien au-delà de 15 000 € — mais il n'est plus le levier d'optimisation qu'il a été.

La longue durée : épargnée

La location meublée classique, à l'année, n'est pas touchée par la loi Le Meur : elle conserve son abattement de 50 % et son plafond, porté de 77 700 € à 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028 (revalorisation triennale officialisée par le BOFiP le 19 août 2026). Pour beaucoup de bailleurs excédés par les nouvelles contraintes du tourisme, elle redevient le meilleur compromis.

La bascule au réel : subie ou choisie

La bascule d'office

Si vos recettes dépassent le plafond de votre catégorie pendant deux années consécutives, le régime réel s'applique automatiquement. Un dépassement isolé ne suffit pas.

La DGFiP a d'ailleurs mené une campagne d'information à destination des loueurs concernés, signe de l'ampleur du basculement attendu.

La bascule choisie

Rien ne vous oblige à attendre le dépassement. Vous pouvez opter volontairement pour le réel — et c'est souvent judicieux. Un meublé de tourisme non classé à 30 % d'abattement est fiscalement lourd ; le réel, avec amortissement, efface généralement l'impôt.

L'option se fait par courrier ou via la messagerie sécurisée auprès de votre service des impôts des entreprises, avant la date limite de déclaration de l'année précédente : pour être au réel sur vos revenus 2027, optez au plus tard au printemps 2027, lors de la déclaration des revenus 2026. Elle vaut un an et se reconduit tacitement.

Les étapes de déclaration au micro-BIC sont détaillées dans le guide de la déclaration micro-BIC.

Vos options concrètes

Face à ce durcissement, quatre stratégies, selon votre situation.

1. Faire classer votre meublé.
Le classement (1 à 5 étoiles, via un organisme accrédité par Atout France) vous fait passer d'un plafond de 15 000 € / 30 % à 83 600 € / 50 %. Comptez 150 à 300 €, souvent vite rentabilisés si vos recettes dépassent 15 000 €. Utile uniquement si vous restez au micro-BIC : au réel, le classement n'a plus d'incidence fiscale.

2. Passer au régime réel.
Quel que soit le classement, si vous avez un emprunt, des charges ou des travaux, le réel efface généralement l'impôt via l'amortissement — un amortissement que le législateur a choisi de ne pas plafonner en 2026. C'est la réponse la plus fréquente au durcissement.

3. Basculer en longue durée.
Épargnée par la loi, moins contraignante, sans enregistrement touristique ni quota communal. Un rendement souvent inférieur, mais une tranquillité retrouvée.

4. Ne rien changer et payer plus.
Défendable seulement si vos recettes touristiques sont faibles et vos charges quasi nulles. À chiffrer.

Les nouvelles obligations, au-delà de l'impôt

La loi Le Meur ne touche pas qu'à la fiscalité. Elle renforce le contrôle des locations de courte durée :

  • Enregistrement obligatoire de tout meublé de tourisme, résidence principale comme secondaire, dans toutes les communes, sur un téléservice national unique depuis le 20 mai 2026.
  • Numéro d'enregistrement à afficher dans chaque annonce.
  • Pouvoirs communaux renforcés : les maires peuvent fixer des quotas de meublés de tourisme, refuser l'enregistrement dans certaines zones du PLU, et abaisser de 120 à 90 jours par an la durée maximale de location de la résidence principale.
  • Sanctions : jusqu'à 10 000 € d'amende en cas de défaut d'enregistrement, et jusqu'à 20 000 € en cas de fausse déclaration ou de faux numéro.
  • Performance énergétique : les meublés de tourisme sont progressivement soumis à des exigences de DPE, selon un calendrier qui se durcit jusqu'en 2034.

Vérifiez la réglementation de votre commune avant toute mise en location : les règles varient fortement d'une ville à l'autre, et les zones tendues appliquent des restrictions strictes.

Un enjeu de plus : les prélèvements sociaux

Un seuil souvent oublié dans les débats sur la loi Le Meur : au-delà de 23 000 € de recettes de courte durée, vous êtes affilié à la sécurité sociale des indépendants et payez des cotisations sociales, bien plus lourdes que les prélèvements sociaux applicables en dessous (art. L611-1 du Code de la sécurité sociale). Et ce, même si vous restez LMNP sur le plan fiscal.

En dessous de ce seuil, vos bénéfices subissent les prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 % depuis la LFSS 2026 (à partir des revenus 2025). Une raison de plus de ramener votre résultat imposable au plus bas grâce au réel.

Ce seuil se combine avec les règles de bascule LMNP / LMP. C'est un sujet à part entière, à instruire dès que vos recettes touristiques deviennent significatives.

Ce qu'il faut retenir

  • Le meublé de tourisme non classé au micro-BIC est devenu fiscalement dissuasif : 15 000 € et 30 %.
  • Le classement restaure un régime correct (83 600 € / 50 % depuis les revenus 2026) — mais seulement au micro-BIC.
  • Le régime réel, avec amortissement, reste la réponse la plus efficace pour la plupart des loueurs. La tentative de plafonner l'amortissement à 2 % a été écartée du budget 2026.
  • La fiscalité n'est qu'une partie du sujet : enregistrement national, numéro dans les annonces et quotas communaux sont désormais incontournables.

Questions fréquentes

Pour les revenus 2026, le plafond du micro-BIC passe à 83 600 € pour les meublés de tourisme classés et la location meublée classique. L'abattement reste de 50 %. Pour les meublés de tourisme non classés, rien ne change par rapport à 2025 : 15 000 € et 30 %.

Pour un meublé de tourisme classé, le plafond du micro-BIC est de 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028, avec un abattement de 50 %. Il était de 77 700 € pour les revenus 2025. Le plafond s'apprécie sur les recettes de l'année précédente ou de l'avant-dernière année.

Le régime spécifique de la loi Le Meur (15 000 € et 30 %) vise les meublés de tourisme non classés, pas la location meublée à l'année. Au micro-BIC, la location meublée de longue durée relève du plafond de 77 700 € pour les revenus 2025 et de 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028. L'abattement est de 50 %.

Un seul dépassement ne fait pas sortir du micro-BIC. Le régime ne cesse de s'appliquer qu'après deux années consécutives au-dessus du plafond. Vous pouvez aussi opter pour le régime réel sans attendre. Le choix est détaillé dans le guide micro-BIC ou régime réel.

Non. La loi Le Meur s'applique aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2025. Pour les revenus 2024, l'ancien article 50-0 s'applique : l'abattement est de 71 % pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes, et de 50 % pour les autres locations meublées.

Sources officielles

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