Guide fiscal · LMNP

Déclaration LMNP au micro-BIC : la 2042-C-PRO en pratique

Au micro-BIC, tout tient dans une case. Mais choisir la bonne — et savoir quand ce régime cesse d'être avantageux — mérite quelques minutes d'attention. Voici le guide.

Mis à jour le 14 juillet 2026 — informations générales, ne constitue pas un conseil personnalisé.

L'essentiel en 30 secondes

  • Au micro-BIC, vous déclarez vos recettes brutes sur le formulaire 2042-C-PRO, annexé à votre déclaration de revenus.
  • L'administration applique elle-même l'abattement forfaitaire. Aucun calcul de votre part.
  • La case dépend du type de location : longue durée, meublé de tourisme classé, ou non classé.
  • Aucune comptabilité, aucune liasse, aucun amortissement.
  • Il faut malgré tout un SIRET (déclaration d'activité via le formulaire P0i).

Le principe du micro-BIC

Le micro-BIC (art. 50-0 du CGI) est le régime le plus simple qui soit. Vous n'avez qu'à déclarer le total de vos recettes encaissées dans l'année. L'administration applique un abattement forfaitaire censé représenter vos charges, et vous êtes imposé sur le solde, au barème de l'impôt sur le revenu, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

Vous ne déduisez rien vous-même : ni charges, ni intérêts, ni amortissement. Le forfait est réputé tout couvrir.

C'est sa force (simplicité absolue) et sa limite (si vos charges réelles dépassent l'abattement, vous payez trop).

Les seuils et abattements à jour

Depuis la loi Le Meur, tout dépend du type de location :

Type de locationPlafond (revenus 2026)Abattement
Meublé longue durée83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 €30 %

L'abattement ne peut être inférieur à un minimum de 305 €.

Au-delà de ces plafonds pendant deux années consécutives, le régime réel devient obligatoire. En dessous, le micro-BIC s'applique par défaut — mais vous pouvez toujours opter volontairement pour le réel si c'est plus avantageux.

Quelle case remplir sur la 2042-C-PRO

C'est le seul point qui demande de l'attention. Le formulaire 2042-C-PRO comporte des cases distinctes selon la nature de la location, dans la rubrique des revenus industriels et commerciaux non professionnels.

La règle : reportez le montant brut de vos recettes (loyers + charges refacturées encaissés), sans rien retrancher. L'abattement est appliqué automatiquement.

Le point de vigilance concerne les activités mixtes. Si vous louez à la fois en longue durée et en meublé de tourisme, ou en classé et non classé, vous devez ventiler vos recettes dans les cases correspondantes — car l'abattement applicable diffère (50 % ou 30 %). Une erreur de case, et c'est le mauvais abattement qui s'applique.

En cas de doute sur la case exacte de l'année en cours, la notice du formulaire 2042-C-PRO fait foi.

Le préalable qu'on oublie : le SIRET

Même au micro-BIC, sans comptabilité ni liasse, votre activité de loueur en meublé doit être immatriculée.

Vous déclarez le début d'activité via le formulaire P0i sur le guichet unique de l'INPI, et vous obtenez un SIRET. Cette formalité est obligatoire, et peut être régularisée a posteriori si vous ne l'avez jamais faite. Beaucoup de loueurs au micro-BIC l'ignorent et se retrouvent en irrégularité sans le savoir.

Quand le micro-BIC cesse d'être un bon calcul

La simplicité a un coût. Le micro-BIC vous fait renoncer à toute déduction réelle. Dès que vos charges dépassent l'abattement, vous payez plus que nécessaire.

Trois signaux qu'il est temps de regarder le réel :

  1. Vous avez un emprunt. Les intérêts, à eux seuls, dépassent souvent l'abattement les premières années. Ajoutez l'amortissement et votre impôt tombe à zéro au réel.
  2. Vous louez un meublé de tourisme non classé. Avec 30 % d'abattement, le micro-BIC est devenu punitif. Le réel, ou le classement, s'impose.
  3. Vous avez fait des travaux. Non déductibles au micro-BIC, ils le sont au réel.

Le réel demande une liasse (2031 / 2033) — plus de formalisme, mais souvent beaucoup moins d'impôt.

Micro-BIC ou réel : le réflexe de calcul

Le seul avantage résiduel du micro-BIC, en dehors des cas à charges très faibles, est de ne pas subir la réintégration des amortissements dans la plus-value — puisqu'il n'y a pas d'amortissement. Un argument à intégrer si vous prévoyez de revendre à court terme.

Pour aller plus loin, lisez notre comparatif micro-BIC ou réel.

Questions fréquentes

Une seule, si vous n'avez qu'un type de location. Plusieurs si votre activité est mixte (longue durée + tourisme, classé + non classé), car les abattements diffèrent.

Oui, elles font partie des recettes brutes à déclarer. L'abattement est ensuite appliqué sur le total.

Oui, aucune comptabilité fiscale n'est exigée. Il reste prudent de conserver un suivi de vos recettes et vos justificatifs, mais aucune liasse n'est à produire.

Vous pouvez opter pour le réel avant la date limite de dépôt de la déclaration. L'option vaut deux ans et se reconduit tacitement.

Oui. La déclaration d'activité (P0i) et le SIRET sont obligatoires quel que soit le régime.

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Cet article est fourni à titre informatif. Enkel est un éditeur de logiciel et n'est pas un cabinet d'expertise comptable : pour les situations complexes, consultez un professionnel.